le secret et refuge des sultans, derrière les hauts murs sans fenêtre, les richesse des vieux intérieures de la médina de Marrakech surprend.
Majorelle, Bowie , Koestler, Saint Laurent ou Canetti, sont autant de tra-demarkers qui ont marqués de leur sceau le tourisme à destination de Marrakech, troisième ville du Maroc et ancienne capitale médiévale des almoravide et almohade refuge d'Averroès et patrie de souverains bâtisseurs.
fini le temps des écrivains et des peintres, des dandys férus d'orientalisme fantasmé ou de vapeurs de kifs à l'ombre de palais à demi effondrés comme souvent ; les esthètes ont été les VRP mondains de Marrakech avant sa mise en coupe déréglée par les promoteurs immobiliers et les agences de voyages.
du campeur technoïde aux princesses des cours d'Europe en passant par les profs en vacances ou les comités d'entreprise de la région PACA Marrakech décline pour tous les gouts la gamme de l'industrie touristique. par un effet de siphon les beautés de la ville ont aimanté une clientèle disparate et innombrable réservoir à devises qui rend peu à peu l'endroit infréquentable.
comment dès lors se distinguer de la masse et accéder à l'authentique, la réponse tient en quatre lettres, c'est l'emblème du tourisme pseudo-chic: le riad.mot magique psalmodié à longueur de colonnes, et qui ce prononce entre initiés avec un claquement de langue entendu.
Ah les riads, mes amis, quel raffinement quel luxe subtil, délicat, exquis, summum du goût oriental et d'un art de vivre sophistiqué et millénaire. seriez vous suffisamment ploucs pour ne pas savoir ce qu'est un riad ?qu'à cela ne tienne, on vous met au parfum, tant aujourd'hui , pour peu qu'on y mette du sien , le luxe est à la portée de tous. maison traditionnelle avec cour intérieure, le riad est la poule aux œufs d'or du Maroc. retapée par des étrangers avisées , en prenant soin en général de ménager l'imaginaire orientaliste du moment, en plus ou moins toc, voilà les vieilles demeures de maîtres transformées en maison d'hôtes! combien d'ex-publicitaires, d'associés de boites ou de con, de cadres commerciaux en rupture de ban, on fait cet habile calcul? 1000 riads sont à loués, proclament les brochures. on savoure le paradoxe : ce sont nos petits français le gout marocain au Marrakchis, avachis : allez les bleus!! TROP DE ST TROP TUE LE ST TROP! 'proverbe arabe) avec les hauts murs aveugles dissimulant l'intérieur de la maison au regard des passants, sa cour-jardin centrale autour de laquelle s'organise la vie des habitants, ces quelques employés locaux typiques agréés par la sauvage brigade touristique, le riad détourné de sa fonction originelle et la parfaite matérialisation du tourisme autiste. la presse magasine française unanime le premier artisan de cette boulimie touristique. sous perfusion d'invitation généreuse et répété, elle se livre depuis quelques mois à un vaste publi-reportage, sans s'encombrer outre mesure des habituels oripeaux du genre.
pour vous mesdames qui savaient gouter le charme d'une fontaine, ou la couleur d'une plante en pot, voici mille palais d'hôtels à votre convenance . pour vous messieurs, c'est poignards berbères (marocains: peuples fiers et farouches) accrochés au mur et ses patios carrelés de zelliges ( pas du travail d'Arabe!) murs en pisé ,tapis écarlates. vous ne rêvez pas: c'est encore plus beau que le château d'Aladin vu à Euro-Disney au vacances de Noël! un problème naît alors : comment lorsque on est vraiment riche et/ou célèbre sortir de la masse petite bourgeoise les clients des riads! construire des super- méga-riads en périphérie de la ville est apparue comme une solution satisfaisante. c'est ainsi qu'on a vue s'installer à jet continu la jet-set dans la périphérie de Marrakech. depuis leurs palais princiers de la palmeraie, complaisamment rebaptisée palm spring la triomphante vulgarité des millionnaires américains donne le tempo de la ville. décorateurs illustres à goût de chiotte, affairistes dotés de plusieurs passeports, vedettes de Hollywood, chanteurs de charme ou gigolos connus: on se presse dans un décor de plus en plus irréel, à mesure que les loyers augmentent.
un marocain sur deux vit sous le seuil de pauvreté, franchement j'ai quand même du mal à le croire, quand on pense à l'argent qu'ils m'ont extorqué au souk pour un misérable tapis, on se dit qu'ils ont pourtant le sens des affaires! pendant ce temps du coté de Palm springs les piscines géantes, cratère bleu en forme d'étoile, ou de fleur ou de bretzel, dans laquelles s'ébattent à longueur de journée d'insubmersibles bimbos, on pompe la nappe phréatique goulûment au point de menacer l'équilibre fragile des canalisation souterraine reliant les puits entre eux. ce système d'irrigation ingénieux miracle du XIe siècle ne doit plus sa survie qu'à l'application drastique des restrictions imposées finalement par les autorités, dont on peut redouter le gout des passes droit et des faux semblant.
le 4 juillet 2010.