Au-delà de la grande barrière de naturelle de l'Atlas marocain, sur les haut plateaux et tout au long des vallées-oasis qui s'étirent vers le sud, jusqu'au désert, c'est l'univers des Kasbah et riad, Demeures seigneuriales isolées ou véritables villages fortifiés comme ici, à Aït ben-Haddoud, ces constructions en terre moulée, le pisé, d'une forme caractéristique qu'on trouve nulle part ailleurs, sont les vestiges d'une puissante civilisation qui si elle n'a plus l'éclat d'antan, s'efforce d'épouser l'époque moderne sans vendre son âme. Dans les hautes vallées du pays Glaoua, à l'orée du royaume des kasbahs, les vieilles coutumes des Chleuhs, nom donné aux montagnards berbères de ces contrées, ont peu changé au fil des âges. très tôt, les enfants sont initiés au goût du thé. en buvant seulement, il est vrai, le fond du verre d'un adulte, ou du thé plus léger. voici un patriarche de taounzeift avec son petit-fils, à l'heure du goûter rituel.
du haut des collines de grés jaunâtre qui flanquent la rive de l'oued Mellah, le vieux ksar fait encore bonne figure. vestiges d'on ne sait plus quelle civilisation, les tours de gué en pierres, montent toujours la garde sur ce que fut jadis la puissante plateforme des Aît Ben-Haddou. sous leurs abris, tels des obélisques tronqués en pisé rouge et ocre, hérissés de créneaux , décorés d'énigmatiques dessins rectilignes, troués de meurtrières, se dressent les kasbahs. faisant corps avec les murailles, adossées aux maisons cubiques, aux rares fenêtres mais aux terrasses largement ouvertes vers le ciel, elles assuraient la défense de la cité. enchevêtrement grandiose à la fois chaotique et harmonieux. demeures de titans de dieux, voir de démons facétieux, conçue un jour de délire? ou encore ouvrage colossal, non pas venu d'un lointain passé mais issu des rêves futuristes d'un architecte génial? dés le premier coup d'œil, ainsi apparait au voyageur Aît Ben- Haddou; l'un des plus imposant ksour (pluriel du ksar) village fortifié du sud du Maroc, celui même qui à été plus d'une fois pris comme décor de film. de prés de l'autre coté de l'oued, forcé est de déchanter. les outrages infligés par le temps, les éléments et les hommes, se révèlent criants, impitoyables. des trous béants cribles les façades. de telles tours ne reste debout qu'un pan de mur. des maisons entières se sont écroulées et les couloirs qui autrefois, faisaient office de ruelles ne sont plus que des sentiers à peine perceptibles parmi les décombres. le célèbre ksar ne serait il qu'un champ de ruine, une ville morte? pas tout à fait. ou pas encore. surgit de nulle part un garçonnet en haillons prend ma main et , sans dire un mot se met à m'accompagner.